A (pas si) long time ago, in a (super pas) far away galaxy…
Quand j’étais gosse, dans le salon on avait un vieux téléphone à roulette, genre l’antiquité bien vintage, avec un cornet ornementé, toussa.
Et je trouvais ça trop bien le téléphone, je le gardais souvent à l’oreille pour écouter, non pas ce “tuuuuut” comme sur les appareils contemporains, mais un espèce de petit bruit mécanique, le “schliklik, kiklikrak”.
Alors, parfois mes parents me composaient un numéro au hasard (tiré de l’annuaire quand même je crois) et je discutais naïvement avec un(e) interlocuteur(trice) aléatoire. C’est marrant comme les gens sont rapidement attendris par une voix d’enfant et sont tout de suite prêts à perdre au moins QUATRE MINUTES de leur précieux temps. Enfin, plutôt par politesse, parce que c’est MAL de raccrocher au nez d’un enfant.
C’était à l’époque où le roi (belge) Baudouin venait de mourir, je m’en souviens bien, la télé était bourrée d’émissions commémoratives sur toutes les chaînes. C’est un peu pour ça que je me faisais chier à fond (“plus de dessins animés?! wtfomg T_T”) et que le téléphone paraissait une solution, si pas évidente, du moins fascinante.

C’est à peu près de cette époque que je tire mon attrait pour les mécaniques anciennes, les appareillages cuivrés, les engrenages, boîtes à musique (enfin ces dernières me font plutôt flipper),… Par extension, englobons aussi tout ce qui est machines à vapeur et mécaniques de type Révolution Industrielle.
Etant né comme tout un chacun avec l’esprit vierge de toute connaissance, et ayant découvert la “technologie” via des appareillages très old school (notre maison en comportait pas mal), ben j’étais un gamin très XIXè siècle dans ma tête. En plus de cela j’avais l’esprit d’aventure, de découverte, j’adorais les véhicules et me demandais bien comment ils pouvaient fonctionner.
Ma soeur avait des bouquins de Jules Verne, des versions illustrées avec schémas, et bien que largement trop compliqués pour moi à l’époque, ces livres me fascinaient. Surtout l’illustration ornant la couverture de (notre édition de) De la Terre à la Lune.
Aujourd’hui, je trouve le téléphone oppressant, la mécanique me fait chier et je n’ai aucun intérêt pour la Science.
Finalement j’aurais préféré ne pas comprendre, maintenant que tout m’a été expliqué la platitude me gagne. Je garde malgré tout un attrait pour les objets anciens, les greniers et les vieilles mécaniques. Encore aujourd’hui, je rêve toujours de vivre au XIXè siècle. Va comprendre.
ps: non, ce n’est pas notre téléphone sur la photo, le nôtre était tout de même plus moderne (mais beaucoup moins beau, snif).
Par : Fredosaure
