Archive de la catégorie «livres(sans)images»

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“Bordel Fred, j’ai du sable dans mes chaussures et ça me gratte !”

septembre 13, 2009

Y a pas à dire, la SF c’est bien. Ca fait voyager, oublier, ça développé l’imaginaire, que du bon quoi (comme le sexe, de là à dire que l’un est proche de l’autre…). Bref après nos petits voyages avec Hamilton, fallait revenir à quelque chose d’un peu plus humain en termes de lecture. Tiens pourquoi ne pas en profiter pour finir cette fameuse trilogie commencée y a deux ans de ça. Prélude à Dune ou un truc comme ça.

Bon je vais pas vous rabacher les oreilles concernant Dune, c’est désormais connu que j’aime cette série et qu’elle est pour moi the summum de la SF. Aussi quand le fiston a annoncé vouloir reprendre le flambeau j’ai un peu flippé je dois l’avouer, surtout qu’il co-écrit avec un mec ayant bossé sur des romans Star Wars (Kevin J Anderson)… Après un sympathique “Avant Dune” qui retraçait le destin des personnages entourant le Duc Leto Atreides et le Duc lui même, voici Prélude à Dune qui retrace une période souvent évoquée dans le livre, le fameux Jihad Butlérien, qui vit l’humanité se libérer des machines pensantes. On est donc censés assister à la base de la base, la création de tout : les grandes maisons (Corrino, Atreides, Harkonen), les groupuscules (Bene Gesserit, Ecole Suk, Maitres de Ginaz, Mentats) et les avancées technologiques (Boucliers Holtzman, vaisseau plissant l’espace, épice, tout quoi).

Les deux premiers tomes m’avaient plutôt plu. On s’éloignait un peu de l’esprit d’origine pour venir vers quelque chose de plus personnel mais pourquoi pas, car les deux auteurs avaient pour eux des personnages nouveaux, certains vraiment très réussis (dont le robot Erasme, génial jusqu’à la fin), d’autres un peu neuneus, mais leur grande force fut de rendre crédible l’urgence et la cruauté de la guerre que livra l’humanité contre les machines pour se libérer de l’esclavage, la folie engendrée par le fanatisme absolu, et la difficulté à assumer de lourdes responsabilités. Lors de ces deux premiers tomes, on voit petit à petit se mettre en place les différents groupuscules et leurs buts respectifs, et on se frotte les mains en pensant à comment ça va se finir.

Bah ça finit pas bien, le troisième tome étant une catastrophe absolue. C’est simple hormis deux ou trois éléments crédibles, une grosse partie des éléments du livre originel sont torchés en trois coups de cuillère à pot. Et va-y que je t’explique une relation haineuse légendaire avec un bête désaccord, que je te crée une sorcière Bene Gesserit en plongeant une greluche dans l’eau, que je ridiculise les fremens avec un jeu de mot pourri, que je termine pas certaines histoires… Les seuls trucs crédibles dans ce troisième tome sont l’espace plissé, la création de la guilde des transports, des mentats et de l’école de médecine Suk. Et c’est tout, pour le reste que dalle. Quand on connait le livre d’origine auquel il est censé se référer et expliquer les origines, ça fait mal au cul tant certaines conclusions sont tirées par les cheveux.

Alors faut-il les lire si on aime Dune ? Bof bof je dirais. On ne retrouve nullement le génie en termes d’écriture qu’avait le père, les fameuses citations à chaque chapitre sentent parfois un peu le paté, et surtout niveau narratif c’est vraiment pas ça, surtout quand on vient de terminer La maison des mères avec son final de génie. Autant Avant Dune vaut le coup car approfondit certains éléments du livre d’origine, autant de par son final sur pourri, la trilogie du Jihad est vraiment dispensable. A la limite si vous êtes très fans et qu’ils sont pas chers, pourquoi pas. Mais sinon oubliez, ça manque vraiment de génie…

Par : Dunausorus

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Tokyo, années vingt…

juillet 30, 2009

Une enquête de Kogoro Akechi, et certainement le plus célèbre roman policier d’Edogawa : un cambriolage rocambolesque lancera le détective dans une course-poursuite sur les traces d’une femme fatale et sans scrupules surnommée ” le Lézard noir “. Un enlèvement réussi et des travestissements déconcertants mettront à mal sa perspicacité et conduiront le lecteur dans un labyrinthe secret et inattendu, jusqu’à un musée extravagant.

le-lezard-noir

Connu sous le nom Kuro-tokage chez nos amis nippons, Le Lézard noir (1929) est donc un roman de Ranpo Edogawa, ou plutôt Edogawa Ranpo (transcription phonétique d’Edgar Allan Poe, en guise d’hommage et respect). Cette histoire a été plusieurs fois adaptée de diverses manières, notamment au théâtre par Yukio Mishima et au cinéma par Kinji Fukasaku.

Il s’agit d’une enquête du célèbre Kogorô Akechi alias le Sherlock Holmes nippon. Néanmoins, Edogawa n’en fait pas vraiment de description puisque, comme l’indique le quatrième de couverture, il s’agit d’une enquête de Kogorô Akechi. Le personnage est déjà supposé connu et adopté par le lectorat depuis plusieurs aventures. De la même manière, l’auteur n’offre que quelques descriptions du Tôkyô (puis Ôsaka) des années vingt, certes fugaces mais toujours empreintes de charme. Voici donc ce que l’on dit d’Akechi : “Associé à l’image du jeune dandy élégant, il était dans ses premières aventures, habillé en kimono, les cheveux en bataille, et habitait au-dessus d’un bureau de tabac dans une chambre de 10 m², entouré de livres. Il enquête en se basant plus sur l’analyse psychologique que sur les preuves matérielles et démasque les criminels avec brio.” Rajoutons qu’Akechi est un véritable expert en déguisement, et que cette aptitude est très bien exploitée dans le livre qui nous intéresse ici. Sachant que son adversaire, le Lézard noir, est également experte en camouflage, Edogawa nous offre un vrai jeu sur les apparences avec astuce et manipulation du lecteur. Car le narrateur se montre innocent en décrivant les situations depuis l’extérieur mais, parfois, il s’adresse directement au lecteur, avec malice, et prouve ainsi qu’il en sait plus qu’il n’en dit. Ces petits tours de passe-passe provoquent la délicieuse impression d’être constamment mené en bateau, jusqu’aux dernières pages. D’ailleurs, long (ou plutôt court) d’environ cent-cinquante pages ce Lézard noir n’offre aucun temps mort, aucun ennui. Malgré son âge et ses ficelles traditionnelles, ce livre arrive toujours à captiver et à surprendre. En cela, cette enquête mérite tout à fait son statut de classique.

Par : FredOsaure

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Quelques milliers de pages plus tard…

juillet 10, 2009

Ca faisait longtemps qu’on avait pas fait un truc constructif sur panda. Du genre écrire un vrai truc, arréter de reluquer des filles, de poster des vidéos débiles. “Thomasorus, soit fier de ton “panda status” et fait quelque chose m’ordonne grossièrement panda n°1 aka Fred’O saure (nan là je le charrie en fait)”. Et c’est donc ainsi que je me lançait vers l’écriture d’une chronique, une vraie, un truc qui tache et qui sent bon la fatigue des yeux, j’ai nommé le grand, l’énorme, le monumental bouquin de SF “L’aube de la nuit” de Peter Hamilton ! Yeaaaaah Baby !

Le premier tome dont je vous montre la couverture juste au dessus est en fait la première partie du premier tome divisé en trois, pas comme le second tome divisé en deux et le troisième tome divisé en deux mais tellement épais qu’il aurait pu être divisé en trois. Et ouais on casse en deux chez Folio. Cette saga est connue pour son immeeeeeeeeeeense longueur (comme la bite à Roco) : plus de six milles pages.

Et je vois déjà venir les férus de SF qui me tombent sur la gueule en me disant que certains ont fait plus ! Mais non chers amis, car voyez vous ici on ne suit pas la vie d’une famille, d’une dynastie ou un truc du genre comme dans un Dune, du début à la fin, on suit les même personnages et autant vous dire que ça fait un peu bizarre. L’histoire commence trèèèèès doucement avec une introduction aux principaux protagonistes via leur naissance, leur émancipation ou autres faits marquants qui a tendance à faire bien mal au crane. Se succèdent descriptions de nébuleuses, galaxies, principes astrologiques, naissances de vaisseaux organiques, découvertes de ruines ancestrales pendant environ 200 pages où il est très difficile de rentrer pour de bon dans le récit. Heureusement quand on effectue la première “boucle” en revenant au premier personnage alors tout devient plus clair, nottament grâce aux informations accumulées par le lecteur.

Dans une galaxie far far away mais pas trop, à une époque où il y a plus de 40 milliards d’humains sur terre, les hommes ont colonisé l’espace, découvert d’autres races et surtout des restes d’autres races : les laymils, un peu peuple un peu étrange vivant il y a des millénaires a laissé une cité en ruine construite sur les anneaux d’une planète. C’est ici que le héros de notre histoire, Joshua Calvert, découvre un vieil artefact qui va lui permettre de se faire un max de thunes et partir dans l’espace, et a coté de cet anneau, une station orbitale vivante nommée tranquilité prospère en tentant de trouver la réponse à l’extinction des laymils. De l’autre coté de l’univers un adepte d’une secte noire est déporté sur une planète en phase de colonisation, il y sera esclave pendant près de 20 ans mais ne compte pas se laisser faire pour autant et provoquera l’impossible malgré lui : la possession des humains vivants par l’âme des hommes morts enfermés dans l’au-delà. A partir de là tout va se chambouler et s’accélérer : l’infection va se propager, nos personnages (au final une bonne trentaine au bas mot) auront à résoudre ce mystère et peut-être trouver le lien avec la disparition des laymils. Et ça prendra près de six mille pages. Et ouais.

Ce roman est à la fois exceptionnel et d’une grande inégalité. Le premier tome (donc les trois premiers tomes, vous suivez c’est bien) propose un départ d’une lenteur certes exaspérante mais qui permet au récit de s’accélérer au fil du temps. Chaque “tome” possède une histoire dans l’histoire on va dire, et chaque histoire est guidée par nombre d’embranchements et de personnages. Si dans le premier tome le nombre de protagonistes est réduit et permet au récit de se concentrer sur l’action, dans les tomes suivants on perd un peu ce coté épique et urgent ressenti par la thématique du retour à la vie après la mort pour s’orienter vers d’autres thématiques avec la précédente en toile de fond, et le récit peine à retrouver ce souffle horrifique et épique ressenti dans le premier tome. Attention ça reste grandiose quand même, mais différent, ça ne donne pas la sensation de monter tout le temps mais de stagner du point de vue du rythme, ce qui est à mon sens LE truc le plus génant dans cette saga.

Hamilton y évoque tout un tas de sujets et questionnements intéressants. Cela va des problèmes sociaux aux thématiques philosophiques, on a droit à chaque entrée dans un nouveau système à une description fourmillante de détails qui ont toujours leur importance car dictent à chaque fois la conduite et la vie des planètes visitées. Il crée plusieurs cultures prédominantes ou discrètes, plusieurs races avec leurs logiques propres et parvient à créer un réel décalage par rapport à nos habitudes de lecteurs gavés de rapports “humains”. L’auteur excelle dans la description mais aussi dans les scénes d’action, d’horreur, de suspens, de sexe (yabon), de vol spatial, d’amour, de relations entre les personnages, bref il survole un peu tout les genres via ce gigantesque roman et parvient à s’en sortir à chaque fois avec les honneurs, ce qui il faut l’avouer est un exploit sans pareil dans le monde de la S.F.

Au final le truc le moins bon dans ce roman c’est son final. Avec un départ aussi tonitruant, une progression de malade, des interactions de fou, la cohérence incroyable, on pouvait s’attendre à un final majestueux et BLAM DANS TON CUL il n’en est rien ! Rien ! J’ai peine à dire combien je fus dégout” par le final qui d’une résout tout un peu facilement via un twist de SF un peu facile du genre “Op je claque des doigts car je suis trop puissant” sans qu’il n’y ait aucune contrepartie, mais aussi à tendance à s’éterniser à mort sur “l’après” pour montrer ce qu’il advient de tout ce petit monde, ce qui est sympa mais n’était peut-être pas nécessaire… Pour les afficionados de la SF je dirai que la fin ressemble plus à un finish à la “Eveil d’Endymion” que façon “La maison des mères” (la fin de l’histoire hein, pas le truc des rosiers et du nouveau départ).

Mais bon je ne peux que avouer que ce fut sympathique, long, prenant et quand même achement bien foutu. Je n’ai donc qu’une chose à dire :


GG HAMILTON LOL !

Par : Tom à L’horus !

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Prétexte à taches

septembre 8, 2007

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Ayant plutôt élu domicile dans le train ces derniers jours, j’ai décidé de ressortir un bouquin coulant, facile à lire et jouissif : Hygiène de l’assassin, premier roman d’Amélie Nothomb (1992). Pourtant, je ne relis pour ainsi dire jamais mes livres mais celui-ci me tient particulièrement à coeur. Des trois Nothomb que j’ai lus (avec Péplum et Stupeur et Tremblements), Hygiène de l’assassin est de loin mon préféré grâce à ses dialogues savoureux, ce duel verbal entre le génie obèse profondément misanthrope et les différents journalistes venus l’interviewer. C’est marrant, sur cette lecture soit quelques années après la première, se sont à nouveau créées exactement les mêmes images dans mon esprit.

4e de couverture :

Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n’a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l’écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c’est qu’aucune forme ne s’apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l’interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres. Premier roman d’une extraordinaire intensité, où Amélie Nothomb, 25 ans, manie la cruauté, le cynisme et l’ambigüité avec un talent accompli.

Extrait choisi (parmi taaaaant de répliques cultes) :

- Vous seriez né condamné?
- Oui, monsieur, comme un vrai héros tragique. Qu’on vienne encore me parler de la liberté humaine.
- Quand même, vous avez bénéficié d’un sursit de quatre-vingt-trois ans.
- D’un sursis, exactement.
- Vous ne nierez pas que vous avez été libre, pendant ces quatre-vingt-trois années? Par exemple, vous auriez pu ne pas écrire…
- Est-ce que, par hasard, vous me reprocheriez d’avoir écrit?
- Ce n’est pas ce que je voulais dire.
- Ah. Dommage, j’allais commencer à vous estimer.
- Vous ne regrettez tout de même pas d’avoir écrit?
- Regretter? Je suis incapable de regretter. Vous voulez un caramel?
- Non, merci.
Le romancier enfourna un caramel et le mâcha bruyamment.
- Monsieur Tach, avez-vous peur de mourir?
- Pas du tout, la mort ne doit pas être un grand changement. En revanche, j’ai peur d’avoir mal. Je me suis procuré des stocks de morphine que je pourrai m’injecter tout seul. Moyennant quoi, je n’ai pas peur.
- Croyez-vous à une vie après la mort?
- Non.
- Alors croyez-vous que la mort est un anéantissement?
- Comment pourrait-on anéantir ce qui est déjà anéanti?
- C’est une réponse terrible, ça.
- Ce n’est pas une réponse.
- Je comprends.
- Je vous admire.

Je ne sais pas si le bouquin a été adapté au théâtre, mais il s’y prêterait extrêmement bien. (Bon, je cherche en direct… et effectivement, il y a eu une pièce, un opéra et même un film o_O. je veux! infos) On retrouve un peu ce côté “roman-dialogue” dans Péplum que j’ai également apprécié. Le reste de la bibliographie Nothombienne, je connais pas. Si quelqu’un a un titre à conseiller, je suis preneur. Je suis très attiré par Acide sulfurique :)

Par : Fredosaure

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Matricia power

septembre 5, 2007

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Parce qu’il se sent médiocre et inexistant, un jeune homme va se suicider quand un artiste mégalomane suspend son geste. Il lui propose d’acheter son âme et son corps pour en faire une sculpture vivante, sublime ou monstrueuse, et une marchandise planétaire. Le désespéré accepte le pacte et l’opération, se laisse déshumaniser, et exposer aux yeux des foules, sous le nom d’Adam-bis. Mais peut-il abdiquer entièrement son humanité ? Grâce à l’amour d’une jeune-femme, « l’œuvre d’art » tente alors de sortir de l’emprise de son créateur et de retrouver sa conscience perdue. Cette fable excentrique, inquiétante et comique nous entraine dans un monde rongé par le narcissisme, le culte du simulacre et de l’apparence, le totalitarisme de l’image : le nôtre.

Ce bouquin est extrêmement captivant. Éric-Emmanuel Schmitt est un excellent narrateur à l’écriture très fluide : étant assez fan des narrations à la première personne, j’ai été récompensé par un texte comportant ce qu’il faut d’humour, mordant mais pas trop, aux descriptions subjectives et suffisamment évasives pour se créer son propre univers (“à quoi ressemblent Adam bis et l’Ombrilic?”). Du moins sur Lorsque j’étais une oeuvre d’art (2002) car je n’ai rien lu d’autre venant de l’auteur.

Extrait choisi :

Je passai quelques soirées, nu, sur mon socle. On venait s’extasier. Parmi les remarques, revenait surtout mon prix, qui fascinait les gens, et des banalités du genre : “C’est autre chose en vrai qu’en photo. Je le croyais plus grand. Je le voyais plus petit. Franchement, aimerais-tu avoir ça chez toi?”. Comme La Joconde de De Vinci ou Le David de Michel-Ange, j’avalai les crétineries sans broncher. Pour être une oeuvre d’art célébrée et commentée par le monde entier, il faut soit être très bien élevé comme Mona Lisa, soit ne comprendre que l’hébreu ancien comme David, soit, comme moi, s’en foutre royalement. J’assurais donc très bien mon travail de star autiste.

Un roman à la fois “conte philosophique” et réflexion sur le monde-images d’aujourd’hui, ainsi que sur (un pan de) l’art contemporain, ici décrit comme nourri par la nouveauté, par la révolution de l’instant et ce au détriment des qualités mêmes de l’oeuvre ou d’une quelconque réflexion. Je ne suis pas forcément d’accord, pour prendre un exemple concret j’ai tendance à vouloir défendre ceci (en fait, ici je défends l’ironie du geste et la façon dont l’artiste a prouvé que le public d’acheteurs est très con, mais pas le fait de les revendre à prix d’or même si Manzoni a bien eu raison d’en profiter, hum bref exemple moyen). Bref le bouquin traite à raison la question du “jusqu’où peut aller l’art?”, mais peut-être de manière un peu réac’ et quasiment univoque (pas hyper subtil le coup du vieux gentil peintre aveugle pauvre et modeste qui a compris ce qu’était vraiment l’art). Personnellement, je considère qu’Adam bis est de l’art.

Sinon je n’ai pas grand chose à reprocher si ce n’est une fin très bisounours-attitude.

Bref, une très bonne lecture, rien à ajouter :)

Par : Fredosaure sous les conseils de Marlesh, prêtresse krishna.

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tokio(hotel) sa pu lol

août 19, 2007

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Hier j’avais envie d’une dose de littérature japonaise moderne. Parti avec l’idée de m’envoyer un bon petit Ryû Murakami, j’ai du me contraindre à changer d’idée car les bouquins en question n’étaient pas dispo sur le moment. Je tombe par hasard sur “L’arbre du voyageur” à la lettre T (comme “Tsuji”). Bon, ok je pense avoir entendu du bien d’Hitonari Tsuji et son Bouddha Blanc, on va tenter l’expérience hein, soyons fou. En plus, à la lecture du 4e de cover ça n’avait pas l’air déplaisant :

“Peu après son entrée en primaire, il avait tranquillement quitté la maison. “L’école, ça ne lui a jamais beaucoup plu”, disait ma mère avec un sourire fataliste. Mon frère était donc parti sur un coup de tête, sans que rien laissât deviner cette intention. Ces escapades se renouvelèrent. Parfois il ne rentrait pas de toute une journée, voire deux. “
Mais, devenu adulte, Yûji finit par disparaître pour de bon, sans plus jamais donner de nouvelles. Dix ans plus tard, son jeune frère décide de partir à sa recherche. Au cours de ce qui va vite faire figure de quête initiatique à travers les lieux cultes d’un Tokyo ultra-branché, il va découvrir tous les dangers qui guettent le ” voyageur ” égaré dans le monde moderne : la violence, la drogue, les sectes…
L’étrange personnalité de Yûji, qui inspire à la fois répulsion et bizarre sympathie, se révèle peu à peu, pour se dérober ensuite – jusqu’au coup de théâtre final.”

Sauf que euh maintenant je l’ai fini le bouquin, vous m’aurez plus : j’ai décelé le MENSONGE. Oui, m’dame.

Violence, drogue et sectes dans un Tokyo ultra-branché? Coup de théâtre final? Alors déjà les seules descriptions tokyoïtes sont soit vagues et évasives, soit tout à fait banales voire cliché pour qui connait un peu le sujet (et il me semble que c’est le cas du Japonais, premier public ciblé), je cite :

“Tokio sé nul jétouf sé pa une vil où vivre, lol.”

Bon ok, je plaisante 8D
C’est tout de même un peu plus soubtaïle :

“A l’air libre m’atteindaient la lumière aveuglante du soleil et, inévitablement, la foule. Je me retrouvai au coeur de cette masse passive, typique de la mégapole. Il fallait plus de dix minutes pour parcourir cent mètres. Tous ces gens avaient l’habitude d’attendre. Peut-être était-ce la mode dans cette ville de faire patiemment la queue, tout en sachant qu’il n’y avait strictement rien au bout de la longue file ?”

Non en fait à mieux y regarder les descriptions d(‘un) Tokyo (banal) peuvent être relativement sympathiques.

Seulement, quant à une éventuelle présence de “violence, drogue et sectes”, mots qui (me) laissaient espérer quelques descriptions trash du monde de la nuit, des bas-fonds ou que sais-je, alors oui c’est vrai on en parle… sur tout au plus 3 ou 4 lignes, et j’exagère à peine. “Les dangers du monde moderne”, mais n’importe quoi. Ce ne sont pas du tout des thèmes majeurs, ou en tout cas l’auteur ne va pas dans ce sens. On peut y rajouter quelques vagues allusions et mystères (le vêtement ensanglanté dans l’appartement du début?), mais pas de réponses, l’auteur s’enfuit bien avant. Je sais pas moi, au hasard on aurait pu découvrir que Yûji était en fait un gourou possédé ultra-violent qui fait prendre des drogues-suppositoires à ses adeptes dans des caves ensanglantées et, accessoirement, méprise son petit frère en lui pissant dessus depuis des immeubles ; des trucs bêtes et racoleurs, quoi, ça aurait très bien marché, en tout cas mieux que le néant ou cette fin qui ne semble avoir été écrite que pour remplir le quota d’apparition de Yûji. A la rigueur, je trouve sympa que (je spoile un peu hein, mais bon vous vous en foutez) le héros n’arrive pas à réellement lever le voile vu que “son adversaire est trop intelligent”, mais faut pas aller justifier ça avec des “ah ben le mec qui aurait pu tout dire ben y s’est suicidé avant la fin”.

Au moins le coup du “l’étrange personnalité se révèle peu à peu, pour se dérober ensuite” est bien réel. En effet, alors que le roman se focalise clairement sur la découverte du pourquoi et comment Yûji a disparu, qui il est vraiment, quelles sont ses pensées profondes, etc., l’auteur nous abandonne face à nos questions après avoir pris soin de construire son récit telle une enquête policière (bourrée de deus ex machina, évidemment). Indice ? Oh, ben allez on part à la rencontre du personnage A. Quelques mots sur Yûji “ah ben oui effectivement il était chelou ce mec, il faisait parfois ceci et cela ; j’y pense, allez voir là-bas”. Le héros se rend “là-bas”, y rencontre le personnage B, etc. Quand l’enquête fait du sur-place, le héros se décide à écouter le répondeur de Yûji, alors qu’évidemment il aurait pu le faire dès le début, hein, mais non ça n’aurait pas permis d’atteindre suffisamment de pages pour en faire un roman et pas une nouvelle.

Bon à part cette “enquête” qui n’aboutit à pas grand chose, on trouve un symbolisme peu profond (le titre du bouquin, pour exemple) et une quête initiatique basique. L’histoire d’un garçon qui n’a jamais vécu que par admiration pour son grand frère et qui, en partant à sa recherche, s’affirme peu à peu en tant qu’individu. Reste une écriture fluide et prenante ainsi qu’une agréable poésie sur certains passages, mais bon si c’est pour brasser de l’air au final… J’avoue, j’ai pris du plaisir et ce fut une agréable lecture courte et fluide. Malheureusement, j’ai eu beau y croire jusqu’au dernier chapitre, la désagréable sensation de m’être fait, euh, ausculter à sec, s’est faite dangereusement ressentir après fermeture du bouquin.

Par : Fredosaure

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Harry Potter, c’est fini.

août 6, 2007

Parce qu’il faut bien relever le niveau après le merveilleux désastreux post de Fredosaurus sur Héléne et les garçons (mais pendez le quoi !) et vous convaincre qu’en fait on est des mecs cultivés et qui en plus savent lire l’anglais, je me suis farci le dernier Harry Potter. :)

Que dire donc ?

Bah déjà que c’est fini, c’est le dernier tome qui est sorti au mois de juillet. Content de l’avoir lu en anglais, je vais pouvoir spoiler tout ceux qui attendent la sortie française, les fous, et les lancer sur plein de fausses pistes.

Harry Potter c’est fini donc, et en un sens tant mieux. Je n’ai jamais eu la pottermania même si je prenais plaisir à lire ces bouquins. J’ai commencé à 14 ans avec les deux premiers puis j’ai suivi les sorties, et j’ai commencé à les lire en anglais a partir du cinquiéme, plus par obligation (je me faisais chier sur le mont galibiet) que par choix. Au final la lecture est facile, voir très facile, l’auteur écrivant bien mais n’oublions pas que Harry Potter c’est un livre pour enfants.

Le septième et dernier tome est très bon à mon gout. Je l’ai lu en deux trois grosses fois et je dois avouer avoir été aborbé par la lecture. Beaucoup se disaient que J.K. Rowling ne pourrait pas finir avec juste un seul livre. Mal leur en prenne, elle y parvient, et surtout y parvient avec brio, nous faisant un méga cliffhanger scénaristique dans les trois derniers chapitres qui m’a complétement laissé sur le cul et m’a empéché de dormir. L’action dans ce tome est permanante, le fait que cela ne se passe pas à l’école des sorciers est un plus non négligeable car c’est la prédominance du lieu qui commençait à me lasser un peu.

On y découvre pas mal de choses et la plupart des mystéres non résolus le sont désormais.Il y a également un épilogue qui m’a un peu déçu personellement car un peu trop normalisateur, j’aurai préféré que le livre se termine sans donner trop de précisions sur le devenir des personnages, mais c’est une question de gout.

Alors grande saga ou pas ?

Et bien oui, grande saga de par sa longueur et son intérêt. Certes on atteint pas non plus le Valhala avec Harry Potter, mais il faut avouer que malgré les critiques qu’elle a pu subir, l’auteur s’en est sorti admirablement bien, surtout avec ce septième tome qui boucle la saga sur une fin extraordinairement bien conçue et pensée.

Dans le genre sagas pour enfants et adultes, je dois quand même avouer avoir une préférence pour la saga “A la croisée des mondes” de Philip Pullman, d’une car elle est mieux écrite et moins redondante et manichéenne, de deux car elle aborde des thématiques bien plus poussées, Harry Potter se contentant d’une histoire de combat entre le bien et le mal et pis basta. Je vous ferai un billet sur cette série de livres bientôt.

Donc bravo Miss Rowling pour m’avoir fait travailler mon anglais pendant toutes ces années. Après que les derniers films soient sortis j’éspère que nous pourrons enfin passer à autre chose, car même si ça s’est bien terminé, il était temps que la saga se termine. A bon entendeur, au revoir Harry Potter !

Par : Thomasaurus

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“PARCE QUE!”

juillet 14, 2007

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En fait, ce bouquin ne correspond pas tout à fait à l’intitulé de la catégorie : Pourquoi les japonais ont les yeux bridés (by Keiko Ichiguchi, entres autres mangaka de 1945) contient pas mal d’illustrations intérieures. Ceci car il est avant tout destiné aux lecteurs mangasse venus pécho (wesh) des détails croustillants sur le Japondesjaponais, l’envers du monde de l’édition, les otaques, le YAOI, etc. Un fourre-tout fort divertissant et sans prétention où ça parle autant de conventions à fanzines et de Battle Royale que de Goemon Ishikawa et de fêtes traditionnelles. De plus, cette chère Keiko vit en Italie depuis plusieurs années et les passages évoquant le regard japonais sur l’Occident (et ses films de uc pas censurés) sont assez fun. Bref c’est varié et y’a même une série de strips très drôles à la fin.

Maintenant les sujets auraient pu être largement plus approfondis (4 pages par sujet-chapitre en moyenne). Mais bon, même si le lecteur vraiment averti et intéressé par le domaine n’en apprendra pas à chaque chapitre, la lecture reste relaxante comme peut l’être un Genshiken par exemple. Juste histoire de se baigner un peu dans cet univers.
! Ah oui, finalement… pourquoi des yeux bridés pour ces nipponais? Indice : la réponse a un rapport avec ce que je nommerai productions audiovisuelles indispensables de peu de vertu 8D