Le saviez-vous ? (Parce que moi pas.) En 1946, les très moustachus Walt Disney et Salvador Dali, en plus de se ressembler physiquement, collaboraient de manière inattendue en lançant un projet de court-métrage d’animation. Le projet fut à l’époque abandonné pour, un demi-siècle plus tard, voir le jour en 2003 au studio Walt Disney Animation France de Montreuil sous l’action de Roy E. Disney.
Le résultat : Destino, très joli court-métrage surréaliste de 6 minutes.
En cherchant des infos sur M.C. Escher (au cas où : non, ce n’est pas un rappeur), je suis tombé sur un amusant court métrage 3D aux allures kafkaïennes et inspiré par Montée et Descente (ci-dessus) :
Une artiste New Yorkaise du nom de Lena Gieseke à réussi l’exploit de transposer le Guernica de Picasso en 3D. Etrange parcours que celui de la caméra dans cette drôle de toile, qui met en avant les formes inventés par le peintre.
Que l’on aime ou non Picasso, on ne peut que applaudir la performance.
Kaze va diffuser les trois films de Ken le survivant au cinéma !!
L’ère de Raoh, Les héritiers du Hokuto, et La légende de Kenshiro passeront donc prochainement dans les salles (le premier arrive le 14 mai pour être plus précis, et en VO sous titrée.) Faudra se faire des sorties ciné.
Bon, alors euh ce post, en plus de venir combler furtivement la rubrique Animation, est là pour vous proposer quelques minutes de détente devant La Révolution des Crabes d’Arthur de Pins.
Mais… qui est donc cet homme au patronyme improbable?
*Mode flemme ON* (le texte du site officiel est drôle alors autant le recopier 8D)
Arthur de Pins est né en 1977 en Bretagne avant de venir passer toute son adolescence à Versailles.
Elève dans un collège catholique privé de garçons, il se livre à un trafic de dessins de femmes nues en échange de cigarettes. Cela n’a pas vraiment changé depuis.
Alors qu’il est étudiant aux Arts-Décos de Paris, il s’achète ses cigarettes grâce à des petits boulots tels que caricaturiste en soirées ou en réalisant des flyers. C’est grâce à l’agence évènementielle Wombat que ses dessins de scènes de vie nocturne atterrissent dans les magazines (Max, Technikart) et que l’agence Lezilus lui ouvre ses portes (et les laisse ouvertes à cause de la fumée)
Après un bref passage dans le jeu vidéo en 2001, Le jeune Arthur se lance enfin dans l’animation grâce à l’impulsion de son premier court-métrage Géraldine. Pour son troisième court-métrage, « La révolution des crabes » il cesse un temps de fumer mais Les 54 prix remportés dans des festivals le propulseront sur la voie de l’adaptation ciné (prévue pour 2010). Comme tout réalisateur digne de ce nom, il se remet à fumer car il est très utile de faire des volutes quand on explique son scénario.
Depuis 2006, il fume clope sur clope aux dîners de bouclage de Fluide Glacial.
En 2008, il arrêtera théoriquement de fumer, en espérant ne pas trop mordiller le crayon de sa tablette graphique.
Bref Arthur de Pins, en plus d’être un excellent illustrateur (genre vraiment high level, je suis fan), réalise des courts métrages d’animation parmi lequels La Révolution des Crabes (prix du public à Annecy 2004), donc, qui fut un gros coup de coeur de ma part…surtout pour la conclusion XD. Have fun
Eté 2004, pays du sushi levant.
Le très respectable Studio 4°C sort un OVNI de ses cartons, Mind Game, avec un gars un peu foufou à la réalisation. Le monsieur signait là sa première oeuvre personnelle (d’envergure) après avoir occupé divers postes sur de nombreux projets tels que Crayon Shin-Chan, Mes Voisins les Yamada, ou encore Nekojiru-So (co-réalisateur pour ce dernier). Retenez bien ce nom : Masaaki Yuasa. Oui, car par la suite j’en parlerai comme étant “le réalisateur”. Ceci est un article INTERACTIF, j’exerce votre mémoire (le Dr.Kawashima n’a qu’à bien se tenir). Quelle classe.
Bref! Remarqué pour son inventivité (mélanges de photos retouchées et de dessin libre, notamment), son rythme, son humour, sa réalisation de folie et son ambiance barrée, Mind Game a plutôt marqué l’esprit des amateurs éclairés. Ou les esprits des amateurs éclairés ou les esprits des amateurs mal éclairés ou mon esprit de moi, ça marche aussi. Bref c’était un film formidablement mature entre poésie et nonsense total, complètement décalé par rapport au reste de la production. C’est pourquoi le réalisateur (qui, déjà?) s’est dit “Yeah, on remet ça!”. Enfin à peu près. Donc on reprend pas tout à fait les mêmes mais on recommence, cette fois pour une série de 13 épisodes produits par Madhouse (qui a l’habitude de produire du lourd, très lourd).
Kemonozume, c’est un peu Roméo et Juliette avec des sabres, des streums, des persos “mal dessinés” et des mecs en costume animalier. Louche, n’est-il pas? Ceci dit le pitch est assez basique : il existe une espèce très planquée de créatures appelées “shôkujin” qui sont chiantes et lourdes parce qu’elles (et ils, bref on se comprend) ont tendance à ingurgiter les humains. Leur provenance est expliquée dès les premières secondes, pas de panique. D’apparence humaine, les shôkujin se transforment lorsqu’ils/elles sont soumis(es) à de forts stimuli. Mais à ce rythme là y’aurait plus d’humains donc il faut donc un contrepoids, le kifuuken, organisation d’élite chargée d’éliminer ces monstres. Toshihiko est le fils du maître de ce bushido-clan super secret adepte de la “katanaïsation intrinsèque” de monstres à griffes. Parfois ils utilisent des “mobile suits”, aussi, parce que bon l’univers est moderne et légèrement futuriste. Tout allait donc pour le presque mieux dans le pas-si-meilleur des mondes. Ceci dit c’était sans compter sur la fin de l’épisode 1, voyant Toshihiko tomber amoureux d’une jolie blonde rencontrée par hasard en bord de mer (après avoir poursuivi un singe super balèze à la baston… si, si). Yuuka est sexy, distinguée, gentille, tout ça… Sauf que pas de bol pour lui, Yuuka est une shôkujin. Et malgré leur rapide idylle consentante, les activités sexuelles vont être bien difficiles. Oui du sesque! Car Kemonozume est une série très adulte dans laquelle on voit des SEINS et du SANG, de toutes les couleurs d’ailleurs. Bien sûr on peut difficilement aller jusqu’à montrer des PENIS donc d’habiles astuces graphiques sont utilisées.
Tout ça pour dire que Toshihiko et Yuuka décident de s’enfuir, ensemble, loin de leurs proches respectifs. Ce qui ne va logiquement pas plaire à ces derniers… Et s’ensuit une “road series”, qui, évidemment va mal tourner mais je vous laisse découvrir le comment du pourquoi qui et où.
Allons droit au but : environ 80% de l’intérêt de Kemonozume repose sur son atmosphère visuelle. L’histoire, bien que n’apportant rien de nouveau, est certes intéressante à suivre tandis que les personnages sont fortement charismatiques (en particulier le bad guy, un gros porc complètement givré). Bien sûr, 20% ça peut paraître léger pour “tout le reste”, mais disons que les qualités esthétiques de la série sont telles qu’elles s’imposent tout naturellement, à la manière d’un Sultan dans une baignoire. Evidemment, on n’atteint pas le niveau technique de Mind Game. Logique. Mais étonnamment on s’en rapproche presque! Certaines scènes sont extrêmements bien animées, tandis que la maîtrise esthétique se ressent sur la plupart des plans. Ils aiment les diagonales dynamiques et la démesure, ces petits filous. Bref on se surprend parfois à dire “ah oui quand même!”. De plus un soin assez remarquable a été apporté aux couleurs (plein de cheveux verts), à l’équilibre des plans, à la variation des textures ou autres aquarelles, etc. C’est à la fois kitsch, fragile, trash, un peu expressioniste, un peu pop, et très Japonais aussi. Dès le premier épisode, les règles sont établies : Kemonozume sera une série sans concessions aux multiples expérimentations visuelles, quitte à dérouter ou rendre le public dubitatif quant à la cohérence graphique.
Pour tout dire, et au même titre que dans Mind Game l’univers développé ici se rapproche fort des planches d’un Taiyou Matsumoto (Amer Béton, GoGo Monster, etc.). Du caricatural, de l’absurde, des symboles. De la poésie, aussi. Le second épisode contient à ce titre une scène remarquable où les deux amants, sur le toit d’un immeuble, se laissent aller la tête en arrière pendus par les pieds. Et s’embrassent fougueusement à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Juste avant, Yuuka disait à Toshihiko : “je serais heureuse que ce soit toi qui me tue”.
Bref le réalisateur (son nom?) a su s’y prendre pour diriger son équipe avec talent. Un certain nombre de réalisateurs invités ont également pu apporter leur pierre à l’édifice, tel qu’Osamu Kobayashi (Paradise Kiss, Kimagure Orange Road…). Notons par ailleurs que quasiment chaque avant-générique contient un (très) court-métrage montrant l’impact des shôkujin dans la société, l’occasion d’expérimenter et d’explorer encore plus d’univers graphiques. Je trouve le #8 et son traitement “écorché” assez excellent, par exemple. Tiens, puisque j’évoquais le générique, celui-ci donne très bien le ton avec son avalanche de couleurs criardes, son découpage psychédélico-bestial, sa musique jazzy et son traitement vintage. En règle générale, les musiques s’apparentent d’ailleurs au jazzy/buesy. De quoi accompagner le visuel avec classe tout en conservant une certaine discrétion.
Inclassable donc, ce Kemonozume? Disons que c’est une romance cruelle et horrifique sur fond de SF et de psychédélisme. “Entre tradition et modernité” (air japonais connu). Comment, plus de louanges? OK : c’est pointu, drôle, original, poétique, bourré d’action. En fait j’ai du mal à y trouver des défauts si ce n’est certains passages à vide, une fin qui arrive un peu vite ainsi qu’une réalisation parfois en baisse. Malgré tout le respect que méritent les concepteurs pour leurs prises de risque, il faut en effet savoir différencier animation expérimentale et animation cheap en 3 étapes/seconde (Mind Game n’avait pas ce problème, il s’agit donc bien d’une contrainte due au format TV).
Conclusion : Kemonozume est, au même titre qu’un Melancholy of Haruhi Suzumiya (fanboy spotted), une série à forte personnalité et sans doute l’un des incontournables de 2006. Evidemment son côté très extrême et marginal fera que certaines personnes seront dégoûtées par, au choix, le côté difficile d’accès ou la violence graphique, mais il serait judicieux de tenter d’expérience, juste au cas où…
Ah au fait, c’est quoi déjà le nom du réalisateur?
Bon comme je sais que vous avez retenu, voici un bonus :
Sur Panda au cube, on s’intéresse à plein de trucs très variés (mais souvent très otageeks). Par exemple, on suit de très près les remous de l’agriculture norvégienne mais on aime bien aussi quand des images bougent devant nos yeux. Bref on aime l’animation. Il est admis que la fréquence minimale pour que des images consécutives soient perçues comme un mouvement continu est de 12 (ou parfois 10) images/secondes… d’où l’intitulé de la section. 8′)
Tout ça pour parler d’une série animée qui va sans doute créer son petit effet à la rentrée prochaine : Ghost Hound. Tout simplement parce qu’on retrouve Masamune Shirow (Ghost in the Shell) à la création, Production IG à l’animation (dont le Seirei no Moribito de cette saison est vraiment chouette), ainsi qu’un staff mêlant le réalisateur de Serial Experiments Lain (!) et la team de Solid State Society. Je suis largement moins convaincu par le character design (le même que Jigoku Shoujo) mais bon on fera avec.
Nombre d’épisodes : 22
Air date : 18 octobre 2007
Bref ça risque d’être une série plutôt cérébrale (et pas uniquement prétentieuse, j’espère) à la technique de haute volée.