
“Bordel Fred, j’ai du sable dans mes chaussures et ça me gratte !”
septembre 13, 2009
Y a pas à dire, la SF c’est bien. Ca fait voyager, oublier, ça développé l’imaginaire, que du bon quoi (comme le sexe, de là à dire que l’un est proche de l’autre…). Bref après nos petits voyages avec Hamilton, fallait revenir à quelque chose d’un peu plus humain en termes de lecture. Tiens pourquoi ne pas en profiter pour finir cette fameuse trilogie commencée y a deux ans de ça. Prélude à Dune ou un truc comme ça.
Bon je vais pas vous rabacher les oreilles concernant Dune, c’est désormais connu que j’aime cette série et qu’elle est pour moi the summum de la SF. Aussi quand le fiston a annoncé vouloir reprendre le flambeau j’ai un peu flippé je dois l’avouer, surtout qu’il co-écrit avec un mec ayant bossé sur des romans Star Wars (Kevin J Anderson)… Après un sympathique “Avant Dune” qui retraçait le destin des personnages entourant le Duc Leto Atreides et le Duc lui même, voici Prélude à Dune qui retrace une période souvent évoquée dans le livre, le fameux Jihad Butlérien, qui vit l’humanité se libérer des machines pensantes. On est donc censés assister à la base de la base, la création de tout : les grandes maisons (Corrino, Atreides, Harkonen), les groupuscules (Bene Gesserit, Ecole Suk, Maitres de Ginaz, Mentats) et les avancées technologiques (Boucliers Holtzman, vaisseau plissant l’espace, épice, tout quoi).
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Les deux premiers tomes m’avaient plutôt plu. On s’éloignait un peu de l’esprit d’origine pour venir vers quelque chose de plus personnel mais pourquoi pas, car les deux auteurs avaient pour eux des personnages nouveaux, certains vraiment très réussis (dont le robot Erasme, génial jusqu’à la fin), d’autres un peu neuneus, mais leur grande force fut de rendre crédible l’urgence et la cruauté de la guerre que livra l’humanité contre les machines pour se libérer de l’esclavage, la folie engendrée par le fanatisme absolu, et la difficulté à assumer de lourdes responsabilités. Lors de ces deux premiers tomes, on voit petit à petit se mettre en place les différents groupuscules et leurs buts respectifs, et on se frotte les mains en pensant à comment ça va se finir.
Bah ça finit pas bien, le troisième tome étant une catastrophe absolue. C’est simple hormis deux ou trois éléments crédibles, une grosse partie des éléments du livre originel sont torchés en trois coups de cuillère à pot. Et va-y que je t’explique une relation haineuse légendaire avec un bête désaccord, que je te crée une sorcière Bene Gesserit en plongeant une greluche dans l’eau, que je ridiculise les fremens avec un jeu de mot pourri, que je termine pas certaines histoires… Les seuls trucs crédibles dans ce troisième tome sont l’espace plissé, la création de la guilde des transports, des mentats et de l’école de médecine Suk. Et c’est tout, pour le reste que dalle. Quand on connait le livre d’origine auquel il est censé se référer et expliquer les origines, ça fait mal au cul tant certaines conclusions sont tirées par les cheveux.
Alors faut-il les lire si on aime Dune ? Bof bof je dirais. On ne retrouve nullement le génie en termes d’écriture qu’avait le père, les fameuses citations à chaque chapitre sentent parfois un peu le paté, et surtout niveau narratif c’est vraiment pas ça, surtout quand on vient de terminer La maison des mères avec son final de génie. Autant Avant Dune vaut le coup car approfondit certains éléments du livre d’origine, autant de par son final sur pourri, la trilogie du Jihad est vraiment dispensable. A la limite si vous êtes très fans et qu’ils sont pas chers, pourquoi pas. Mais sinon oubliez, ça manque vraiment de génie…
Par : Dunausorus