Archives pour juillet 2009

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Tokyo, années vingt…

juillet 30, 2009

Une enquête de Kogoro Akechi, et certainement le plus célèbre roman policier d’Edogawa : un cambriolage rocambolesque lancera le détective dans une course-poursuite sur les traces d’une femme fatale et sans scrupules surnommée ” le Lézard noir “. Un enlèvement réussi et des travestissements déconcertants mettront à mal sa perspicacité et conduiront le lecteur dans un labyrinthe secret et inattendu, jusqu’à un musée extravagant.

le-lezard-noir

Connu sous le nom Kuro-tokage chez nos amis nippons, Le Lézard noir (1929) est donc un roman de Ranpo Edogawa, ou plutôt Edogawa Ranpo (transcription phonétique d’Edgar Allan Poe, en guise d’hommage et respect). Cette histoire a été plusieurs fois adaptée de diverses manières, notamment au théâtre par Yukio Mishima et au cinéma par Kinji Fukasaku.

Il s’agit d’une enquête du célèbre Kogorô Akechi alias le Sherlock Holmes nippon. Néanmoins, Edogawa n’en fait pas vraiment de description puisque, comme l’indique le quatrième de couverture, il s’agit d’une enquête de Kogorô Akechi. Le personnage est déjà supposé connu et adopté par le lectorat depuis plusieurs aventures. De la même manière, l’auteur n’offre que quelques descriptions du Tôkyô (puis Ôsaka) des années vingt, certes fugaces mais toujours empreintes de charme. Voici donc ce que l’on dit d’Akechi : “Associé à l’image du jeune dandy élégant, il était dans ses premières aventures, habillé en kimono, les cheveux en bataille, et habitait au-dessus d’un bureau de tabac dans une chambre de 10 m², entouré de livres. Il enquête en se basant plus sur l’analyse psychologique que sur les preuves matérielles et démasque les criminels avec brio.” Rajoutons qu’Akechi est un véritable expert en déguisement, et que cette aptitude est très bien exploitée dans le livre qui nous intéresse ici. Sachant que son adversaire, le Lézard noir, est également experte en camouflage, Edogawa nous offre un vrai jeu sur les apparences avec astuce et manipulation du lecteur. Car le narrateur se montre innocent en décrivant les situations depuis l’extérieur mais, parfois, il s’adresse directement au lecteur, avec malice, et prouve ainsi qu’il en sait plus qu’il n’en dit. Ces petits tours de passe-passe provoquent la délicieuse impression d’être constamment mené en bateau, jusqu’aux dernières pages. D’ailleurs, long (ou plutôt court) d’environ cent-cinquante pages ce Lézard noir n’offre aucun temps mort, aucun ennui. Malgré son âge et ses ficelles traditionnelles, ce livre arrive toujours à captiver et à surprendre. En cela, cette enquête mérite tout à fait son statut de classique.

Par : FredOsaure

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Quelques milliers de pages plus tard…

juillet 10, 2009

Ca faisait longtemps qu’on avait pas fait un truc constructif sur panda. Du genre écrire un vrai truc, arréter de reluquer des filles, de poster des vidéos débiles. “Thomasorus, soit fier de ton “panda status” et fait quelque chose m’ordonne grossièrement panda n°1 aka Fred’O saure (nan là je le charrie en fait)”. Et c’est donc ainsi que je me lançait vers l’écriture d’une chronique, une vraie, un truc qui tache et qui sent bon la fatigue des yeux, j’ai nommé le grand, l’énorme, le monumental bouquin de SF “L’aube de la nuit” de Peter Hamilton ! Yeaaaaah Baby !

Le premier tome dont je vous montre la couverture juste au dessus est en fait la première partie du premier tome divisé en trois, pas comme le second tome divisé en deux et le troisième tome divisé en deux mais tellement épais qu’il aurait pu être divisé en trois. Et ouais on casse en deux chez Folio. Cette saga est connue pour son immeeeeeeeeeeense longueur (comme la bite à Roco) : plus de six milles pages.

Et je vois déjà venir les férus de SF qui me tombent sur la gueule en me disant que certains ont fait plus ! Mais non chers amis, car voyez vous ici on ne suit pas la vie d’une famille, d’une dynastie ou un truc du genre comme dans un Dune, du début à la fin, on suit les même personnages et autant vous dire que ça fait un peu bizarre. L’histoire commence trèèèèès doucement avec une introduction aux principaux protagonistes via leur naissance, leur émancipation ou autres faits marquants qui a tendance à faire bien mal au crane. Se succèdent descriptions de nébuleuses, galaxies, principes astrologiques, naissances de vaisseaux organiques, découvertes de ruines ancestrales pendant environ 200 pages où il est très difficile de rentrer pour de bon dans le récit. Heureusement quand on effectue la première “boucle” en revenant au premier personnage alors tout devient plus clair, nottament grâce aux informations accumulées par le lecteur.

Dans une galaxie far far away mais pas trop, à une époque où il y a plus de 40 milliards d’humains sur terre, les hommes ont colonisé l’espace, découvert d’autres races et surtout des restes d’autres races : les laymils, un peu peuple un peu étrange vivant il y a des millénaires a laissé une cité en ruine construite sur les anneaux d’une planète. C’est ici que le héros de notre histoire, Joshua Calvert, découvre un vieil artefact qui va lui permettre de se faire un max de thunes et partir dans l’espace, et a coté de cet anneau, une station orbitale vivante nommée tranquilité prospère en tentant de trouver la réponse à l’extinction des laymils. De l’autre coté de l’univers un adepte d’une secte noire est déporté sur une planète en phase de colonisation, il y sera esclave pendant près de 20 ans mais ne compte pas se laisser faire pour autant et provoquera l’impossible malgré lui : la possession des humains vivants par l’âme des hommes morts enfermés dans l’au-delà. A partir de là tout va se chambouler et s’accélérer : l’infection va se propager, nos personnages (au final une bonne trentaine au bas mot) auront à résoudre ce mystère et peut-être trouver le lien avec la disparition des laymils. Et ça prendra près de six mille pages. Et ouais.

Ce roman est à la fois exceptionnel et d’une grande inégalité. Le premier tome (donc les trois premiers tomes, vous suivez c’est bien) propose un départ d’une lenteur certes exaspérante mais qui permet au récit de s’accélérer au fil du temps. Chaque “tome” possède une histoire dans l’histoire on va dire, et chaque histoire est guidée par nombre d’embranchements et de personnages. Si dans le premier tome le nombre de protagonistes est réduit et permet au récit de se concentrer sur l’action, dans les tomes suivants on perd un peu ce coté épique et urgent ressenti par la thématique du retour à la vie après la mort pour s’orienter vers d’autres thématiques avec la précédente en toile de fond, et le récit peine à retrouver ce souffle horrifique et épique ressenti dans le premier tome. Attention ça reste grandiose quand même, mais différent, ça ne donne pas la sensation de monter tout le temps mais de stagner du point de vue du rythme, ce qui est à mon sens LE truc le plus génant dans cette saga.

Hamilton y évoque tout un tas de sujets et questionnements intéressants. Cela va des problèmes sociaux aux thématiques philosophiques, on a droit à chaque entrée dans un nouveau système à une description fourmillante de détails qui ont toujours leur importance car dictent à chaque fois la conduite et la vie des planètes visitées. Il crée plusieurs cultures prédominantes ou discrètes, plusieurs races avec leurs logiques propres et parvient à créer un réel décalage par rapport à nos habitudes de lecteurs gavés de rapports “humains”. L’auteur excelle dans la description mais aussi dans les scénes d’action, d’horreur, de suspens, de sexe (yabon), de vol spatial, d’amour, de relations entre les personnages, bref il survole un peu tout les genres via ce gigantesque roman et parvient à s’en sortir à chaque fois avec les honneurs, ce qui il faut l’avouer est un exploit sans pareil dans le monde de la S.F.

Au final le truc le moins bon dans ce roman c’est son final. Avec un départ aussi tonitruant, une progression de malade, des interactions de fou, la cohérence incroyable, on pouvait s’attendre à un final majestueux et BLAM DANS TON CUL il n’en est rien ! Rien ! J’ai peine à dire combien je fus dégout” par le final qui d’une résout tout un peu facilement via un twist de SF un peu facile du genre “Op je claque des doigts car je suis trop puissant” sans qu’il n’y ait aucune contrepartie, mais aussi à tendance à s’éterniser à mort sur “l’après” pour montrer ce qu’il advient de tout ce petit monde, ce qui est sympa mais n’était peut-être pas nécessaire… Pour les afficionados de la SF je dirai que la fin ressemble plus à un finish à la “Eveil d’Endymion” que façon “La maison des mères” (la fin de l’histoire hein, pas le truc des rosiers et du nouveau départ).

Mais bon je ne peux que avouer que ce fut sympathique, long, prenant et quand même achement bien foutu. Je n’ai donc qu’une chose à dire :


GG HAMILTON LOL !

Par : Tom à L’horus !