Lors d’un petit voyage a lyon pour jouer à Guilty Gear un ami m’a fait découvrir le fabuleux Rhythm Tengoku sur DS.
C’est un jeu GBA réalisé par le même studio que WarioWare. Basé sur le même principe des petits jeux débiles avec une réalisation naïve et souvent un peu décalée, ici c’est un peu un warioware musical.
Chaque mini jeu possède une explication, et au bout d’un certain nombre de mini jeux on a droit à un remix mélangeant tous les jeux avec une autre musique. Le jeu propose également de calculer votre sens du rythme et de vous apprendre différents rythmes.
Les jeux vont du karateka qui doit casser des pots en rythme au petit soldat qui doit marcher au pas. C’est rafraichissant, souvent drôle, et très bien pensé. A essayer !!
Je passe tout de même en coup de vent pour un petit entracte musical consacré à l’une des rares chansons que je considère comme (quasi-)parfaite : Adoration de Cranes (version live). La chanteuse Alison Shaw aussi d’ailleurs, je sais que beaucoup ne seront pas d’accord avec moi mais je suis sous le charme. Au passage, Cranes est l’un des quelques groupes rattachés à la mouvance “gothique” (pour simplifier) que j’apprécie.
BEOWULF, c’est un énorme nanar, c’est un film dont le cameraman a la main gauche d’un droitier, dont les acteurs ont des mains droites de gaucher, et dont le réalisateur n’a pas de mains, un oeil crevé et les oreilles privées d’un bon paquet de fréquences.
BEOWULF, c’est aussi Christophe Lambert, acteur déchu par excellence entres autres connu pour sa magnifique, que dis-je, sa stratosphérique interprétation du très gaulois Vercingétorix. A part qu’ici il a les cheveux teints en blanc, qu’il est super balèze, capable de faire face à un bataillon entier tout en se mouvant avec la vivacité d’un tétraplégique, et même que quand on lui envoie une lance ben il la rattrape au vol pasque curieusement elle a ralenti par rapport au plan précédent.
Car BEOWULF, c’est aussi plein de plans, un montage très stratégique (et accessoirement épileptique) afin de pouvoir masquer au maximum l’incompétence martiale TOTALE des intervenants. Ou alors, également possible et accumulable, c’est un mauvais gout absolu de la part du réalisateur.
C’est peut-être un film incompris, peut-être qu’on voit tout via l’esprit ultra-rapide de BEOWULF, très vif, à l’affut du moindre détail dans une dimension où certains bougent au ralenti et d’autres, sous l’effet d’une faille spatio-temporelle, se retrouvent à 10m de BEOWULF tandis que 42 plans plus tôt ils étaient prêts à frapper, juste devant BEOWULF. Et ça, c’est grand.
Bref BEOWULF il aime bien se la donner grave en économisant ses mouvements. A part quand il saute, là c’est obligé un salto vu d’en bas à la Power Rangers (la loi du trampoline). Mais BEOWULF n’est pas que de la cogne, non, c’est aussi un très fier défenseur du sexe faible qui aime bien se moquer des méchants barbus aux casques improbables. Pièces de costume dans lesquelles tout le budget a sans doute été englouti. Les acteurs, eux, ont sans doute été piochés parmi une poignée de clodos locaux prêts à accepter n’importe quel rôle pour un demi-sandwich (AVEC RIEN DEDANS). Non m’dame, ce n’est pas un film fauché. C’est juste qu’un film avec Christophe Lambert n’a carrément RIEN A PROUVER.
Bref BEOWULF c’est :
SPOILER : mon passage préféré ultra subjectif est à 00:49 (-03:23 selon le compteur que vous verrez) et dures 3 secondes
J’en reviens pas, la vidéo collector sur laquelle je viens de tomber…
Une séquence de reportage consacrée à Grandia datant d’avant sa sortie SATURN (hé oui), avec interview de Takeshi Miyaji… le tout sur ARTE donc en Français!!
Non là je suis touché. Grandia c’est un peu l’un des plus beaux jeux auxquels j’ai pu jouer, devant tous les Final Fantasy ou MGS du monde. La plus belle des aventures *_*
En fait, comme dirait le mec qui a commenté la vidéo, Grandia c’est un peu le plus Gainax des RPG (le plus “Nadia”, en fait).
Game Arts forever
Par : Fredosaure (mais Thomasorus ne me contredira pas)
Hier j’avais envie d’une dose de littérature japonaise moderne. Parti avec l’idée de m’envoyer un bon petit Ryû Murakami, j’ai du me contraindre à changer d’idée car les bouquins en question n’étaient pas dispo sur le moment. Je tombe par hasard sur “L’arbre du voyageur” à la lettre T (comme “Tsuji”). Bon, ok je pense avoir entendu du bien d’Hitonari Tsuji et son Bouddha Blanc, on va tenter l’expérience hein, soyons fou. En plus, à la lecture du 4e de cover ça n’avait pas l’air déplaisant :
“Peu après son entrée en primaire, il avait tranquillement quitté la maison. “L’école, ça ne lui a jamais beaucoup plu”, disait ma mère avec un sourire fataliste. Mon frère était donc parti sur un coup de tête, sans que rien laissât deviner cette intention. Ces escapades se renouvelèrent. Parfois il ne rentrait pas de toute une journée, voire deux. “
Mais, devenu adulte, Yûji finit par disparaître pour de bon, sans plus jamais donner de nouvelles. Dix ans plus tard, son jeune frère décide de partir à sa recherche. Au cours de ce qui va vite faire figure de quête initiatique à travers les lieux cultes d’un Tokyo ultra-branché, il va découvrir tous les dangers qui guettent le ” voyageur ” égaré dans le monde moderne : la violence, la drogue, les sectes…
L’étrange personnalité de Yûji, qui inspire à la fois répulsion et bizarre sympathie, se révèle peu à peu, pour se dérober ensuite – jusqu’au coup de théâtre final.”
Sauf que euh maintenant je l’ai fini le bouquin, vous m’aurez plus : j’ai décelé le MENSONGE. Oui, m’dame.
Violence, drogue et sectes dans un Tokyo ultra-branché? Coup de théâtre final? Alors déjà les seules descriptions tokyoïtes sont soit vagues et évasives, soit tout à fait banales voire cliché pour qui connait un peu le sujet (et il me semble que c’est le cas du Japonais, premier public ciblé), je cite :
“Tokio sé nul jétouf sé pa une vil où vivre, lol.”
Bon ok, je plaisante 8D
C’est tout de même un peu plus soubtaïle :
“A l’air libre m’atteindaient la lumière aveuglante du soleil et, inévitablement, la foule. Je me retrouvai au coeur de cette masse passive, typique de la mégapole. Il fallait plus de dix minutes pour parcourir cent mètres. Tous ces gens avaient l’habitude d’attendre. Peut-être était-ce la mode dans cette ville de faire patiemment la queue, tout en sachant qu’il n’y avait strictement rien au bout de la longue file ?”
Non en fait à mieux y regarder les descriptions d(‘un) Tokyo (banal) peuvent être relativement sympathiques.
Seulement, quant à une éventuelle présence de “violence, drogue et sectes”, mots qui (me) laissaient espérer quelques descriptions trash du monde de la nuit, des bas-fonds ou que sais-je, alors oui c’est vrai on en parle… sur tout au plus 3 ou 4 lignes, et j’exagère à peine. “Les dangers du monde moderne”, mais n’importe quoi. Ce ne sont pas du tout des thèmes majeurs, ou en tout cas l’auteur ne va pas dans ce sens. On peut y rajouter quelques vagues allusions et mystères (le vêtement ensanglanté dans l’appartement du début?), mais pas de réponses, l’auteur s’enfuit bien avant. Je sais pas moi, au hasard on aurait pu découvrir que Yûji était en fait un gourou possédé ultra-violent qui fait prendre des drogues-suppositoires à ses adeptes dans des caves ensanglantées et, accessoirement, méprise son petit frère en lui pissant dessus depuis des immeubles ; des trucs bêtes et racoleurs, quoi, ça aurait très bien marché, en tout cas mieux que le néant ou cette fin qui ne semble avoir été écrite que pour remplir le quota d’apparition de Yûji. A la rigueur, je trouve sympa que (je spoile un peu hein, mais bon vous vous en foutez) le héros n’arrive pas à réellement lever le voile vu que “son adversaire est trop intelligent”, mais faut pas aller justifier ça avec des “ah ben le mec qui aurait pu tout dire ben y s’est suicidé avant la fin”.
Au moins le coup du “l’étrange personnalité se révèle peu à peu, pour se dérober ensuite” est bien réel. En effet, alors que le roman se focalise clairement sur la découverte du pourquoi et comment Yûji a disparu, qui il est vraiment, quelles sont ses pensées profondes, etc., l’auteur nous abandonne face à nos questions après avoir pris soin de construire son récit telle une enquête policière (bourrée de deus ex machina, évidemment). Indice ? Oh, ben allez on part à la rencontre du personnage A. Quelques mots sur Yûji “ah ben oui effectivement il était chelou ce mec, il faisait parfois ceci et cela ; j’y pense, allez voir là-bas”. Le héros se rend “là-bas”, y rencontre le personnage B, etc. Quand l’enquête fait du sur-place, le héros se décide à écouter le répondeur de Yûji, alors qu’évidemment il aurait pu le faire dès le début, hein, mais non ça n’aurait pas permis d’atteindre suffisamment de pages pour en faire un roman et pas une nouvelle.
Bon à part cette “enquête” qui n’aboutit à pas grand chose, on trouve un symbolisme peu profond (le titre du bouquin, pour exemple) et une quête initiatique basique. L’histoire d’un garçon qui n’a jamais vécu que par admiration pour son grand frère et qui, en partant à sa recherche, s’affirme peu à peu en tant qu’individu. Reste une écriture fluide et prenante ainsi qu’une agréable poésie sur certains passages, mais bon si c’est pour brasser de l’air au final… J’avoue, j’ai pris du plaisir et ce fut une agréable lecture courte et fluide. Malheureusement, j’ai eu beau y croire jusqu’au dernier chapitre, la désagréable sensation de m’être fait, euh, ausculter à sec, s’est faite dangereusement ressentir après fermeture du bouquin.
Cette année a débarqué un premier album du nom d’Enter, très sympathique melting-pot du turntablism dans tous ses états, brassant les genres depuis le hip-hop jusqu’au breakcore, l’electro ou la drum’n'bass. Vraiment chouette (One Hand Blizzard, YEAH), mais ça vaut pas du tout ses prestations live. Peut-être car trop “construit” et policé.
Bref, admirez l’artiste :
Histoire de se faire achever, allez -y c’est cadeau : HERE
Soulcalibur 4 est en développement sur X360 et Ps3, et le plus drôle c’est que plus on voit les personnages féminins du jeu, plus on se rend compte que celui qui les a designés devait se masturber sur ses dessins.
En effet notre homme s’est dit : “Dead or Alive marche alors que c’est pas un jeu extraordinaire… Je devrais faire pareil qu’eux et grossir les seins de mes personnages féminins ! Et si possible ne pas leur mettre de soutif et que quand elles combattent elles aient les seins qui pointent !”
Le producteur qui passait par là acquisca et ils se lancèrent dans cette aventure folle.
Ainsi soit-il :
Espérons qu’au moins le jeu soit réussi (pas comme cette bouse de Soulcalibur 3 que Fredosore idolatre). Dommage pour les seins énormes car j’aime beaucoup le chara design malgré tout.
Mia Rose (on préférera préciser que c’est sans doute pas son vrai nom) est une actrice porno connue pour avoir tourné dans des parodies porno de World of Warcraft (elles sont à mourir de rire, j’en ai vu une et voir une nana peinte en vert prétendre être un orc qui se fait défoncer par un nain, c’est énorme) et la jeune fille joue beaucoup à World of Warcraft.
Oui mais malheureusement elle a été démasquée par un fan qui l’a balancée sur un forum, un autre a prétendu qu’elle avait un gros nez et elle a été assez boulette pour lui que “Non c’est pas vrai !” et lui dire d’aller voir son myspace et son site officiel pour confirmation, en faisant attention à ne pas donner les liens.
Cinq minutes plus tard une personne balance son site officiel en lachant un gros “OMG !! WTF BIATCH!!” (il devait avoir mouillé son caleçon…) et dix minutes plus tard Mia Rose est bannie de WoW pour le weekend.
Malgré ses tentatives pour contacter le staff, elle est restée bannie. On peut donc dire qu’elle l’a dans le cul, ce qui est assez logique, la jeune demoiselle venant de gagner le titre de meilleure actrice aux AdulCon Awards pour sa performance anale dans le film “Own my ass”.
Il ne fait pas bon se dorer l’anus sous le soleil d’Azeroth. Quel été pourri.
Comme on est des mecs super forts qui comprennent l’anglais, on vous parle de choses que seules les élites comme nous peuvent apprécier, c’est à dire les anglophones.
Et aujourd’hui on vous parle de Final Fantasy Restrospective, que le site Gametrailers à lancé : il sagit de faire la restrospective complete de tous les épisodes de la saga, le tout en vidéo. Visuels, artworks, phases in-games, anecdotes, on apprend beaucoup de choses très sympa et il y a un épisode par semaine.
Vous pouvez voir tout ceci en streaming ou bien le télécharger ici.
Pour l’instant nous en sommes à Final Fantasy VII, et il faut avouer que cette série de vidéos m’a rappelé beaucoup de beaux souvenirs et redonné envie de jouer. Par exemple je n’ai jamais fini le VI et là j’ai bien envie de m’y remettre !
Attention cependant, ces vidéos contiennent des spoilers sur les jeux !
Le groupe Suicide, ça vous dit quelque chose? Si la réponse est négative, pas de panique.
Wikipédia :
Suicide est un duo américain de rock électronique minimal formé à New York dans les années 70 par Martin Rev et Alan Vega. Avec des synthétiseurs et boîtes à rythmes Martin Rev crée une musique au tempo binaire, cahotante et répétitive à laquelle se mêlent les cris et feulements magnétiques d’Alan Vega, inspiré par les faces B des 45 tours d’Elvis Presley, dernière période. Par leur profonde originalité, leurs prestations scéniques intenses et leur utilisation très rock’n'roll des machines, le groupe influencera grandement la New Wave et le punk. Alan Vega a ensuite connu quelques succès en solo avec des tubes plus pop comme « Juke-Box Baby » dans les années 1980.
Leur premier album, complètement hué, décrié, rabaissé à sa sortie en 1977 (même par le mouvement punk), est aujourd’hui devenu l’objet d’un culte total. Bon ce disque est vraiment effrayant. Perso j’ai eu du mal en découvrant le groupe il y a quelques années avec la piste “Ghost Rider”. Je ne sais plus où je l’ai lu mais comme dirait l’inconnu en question, ce groupe “donne l’impression de courir sur place”. C’est exactement ça, je rajouterai juste qu’en plus on serait poursuivi par le pire malade mental échappé du pire des asiles.
Quant à Frankie Teardrop (sans doute le morceau le plus célèbre) pas de commentaire. Ecoutez bien les paroles, fixez les images et poussez le son. Mais euh attention je vous préviens, Frankie Teardrop n’est pas de la musique récréative : c’est la bande-son d’un suicide. Un voyage aux portes de la folie. J’ai eu l’impression de revivre ceci.
Les paroles pour ceux qui pensent pas tout comprendre à l’audition, et hop c’est parti (la piste en entier hein, on ne triche pas) :
“Suicide a toujours eu à voir avec la vie. Mais nous ne pouvions vraiment pas appeler le groupe Life. Alors nous l’avons appelé Suicide justement parceque nous voulions revendiquer la vie.” (Alan Vega, 1985).
“On avait l’impression que l’Amérique cherchait à divertir les gens. Ce n’était pas notre but. Nous, nous leur servions une tranche de vie.” (Alan Vega)
Pour en savoir plus sur Suicide, je vous invite à visiter ce site (extrêmement intéressant).
Eté 2004, pays du sushi levant.
Le très respectable Studio 4°C sort un OVNI de ses cartons, Mind Game, avec un gars un peu foufou à la réalisation. Le monsieur signait là sa première oeuvre personnelle (d’envergure) après avoir occupé divers postes sur de nombreux projets tels que Crayon Shin-Chan, Mes Voisins les Yamada, ou encore Nekojiru-So (co-réalisateur pour ce dernier). Retenez bien ce nom : Masaaki Yuasa. Oui, car par la suite j’en parlerai comme étant “le réalisateur”. Ceci est un article INTERACTIF, j’exerce votre mémoire (le Dr.Kawashima n’a qu’à bien se tenir). Quelle classe.
Bref! Remarqué pour son inventivité (mélanges de photos retouchées et de dessin libre, notamment), son rythme, son humour, sa réalisation de folie et son ambiance barrée, Mind Game a plutôt marqué l’esprit des amateurs éclairés. Ou les esprits des amateurs éclairés ou les esprits des amateurs mal éclairés ou mon esprit de moi, ça marche aussi. Bref c’était un film formidablement mature entre poésie et nonsense total, complètement décalé par rapport au reste de la production. C’est pourquoi le réalisateur (qui, déjà?) s’est dit “Yeah, on remet ça!”. Enfin à peu près. Donc on reprend pas tout à fait les mêmes mais on recommence, cette fois pour une série de 13 épisodes produits par Madhouse (qui a l’habitude de produire du lourd, très lourd).
Kemonozume, c’est un peu Roméo et Juliette avec des sabres, des streums, des persos “mal dessinés” et des mecs en costume animalier. Louche, n’est-il pas? Ceci dit le pitch est assez basique : il existe une espèce très planquée de créatures appelées “shôkujin” qui sont chiantes et lourdes parce qu’elles (et ils, bref on se comprend) ont tendance à ingurgiter les humains. Leur provenance est expliquée dès les premières secondes, pas de panique. D’apparence humaine, les shôkujin se transforment lorsqu’ils/elles sont soumis(es) à de forts stimuli. Mais à ce rythme là y’aurait plus d’humains donc il faut donc un contrepoids, le kifuuken, organisation d’élite chargée d’éliminer ces monstres. Toshihiko est le fils du maître de ce bushido-clan super secret adepte de la “katanaïsation intrinsèque” de monstres à griffes. Parfois ils utilisent des “mobile suits”, aussi, parce que bon l’univers est moderne et légèrement futuriste. Tout allait donc pour le presque mieux dans le pas-si-meilleur des mondes. Ceci dit c’était sans compter sur la fin de l’épisode 1, voyant Toshihiko tomber amoureux d’une jolie blonde rencontrée par hasard en bord de mer (après avoir poursuivi un singe super balèze à la baston… si, si). Yuuka est sexy, distinguée, gentille, tout ça… Sauf que pas de bol pour lui, Yuuka est une shôkujin. Et malgré leur rapide idylle consentante, les activités sexuelles vont être bien difficiles. Oui du sesque! Car Kemonozume est une série très adulte dans laquelle on voit des SEINS et du SANG, de toutes les couleurs d’ailleurs. Bien sûr on peut difficilement aller jusqu’à montrer des PENIS donc d’habiles astuces graphiques sont utilisées.
Tout ça pour dire que Toshihiko et Yuuka décident de s’enfuir, ensemble, loin de leurs proches respectifs. Ce qui ne va logiquement pas plaire à ces derniers… Et s’ensuit une “road series”, qui, évidemment va mal tourner mais je vous laisse découvrir le comment du pourquoi qui et où.
Allons droit au but : environ 80% de l’intérêt de Kemonozume repose sur son atmosphère visuelle. L’histoire, bien que n’apportant rien de nouveau, est certes intéressante à suivre tandis que les personnages sont fortement charismatiques (en particulier le bad guy, un gros porc complètement givré). Bien sûr, 20% ça peut paraître léger pour “tout le reste”, mais disons que les qualités esthétiques de la série sont telles qu’elles s’imposent tout naturellement, à la manière d’un Sultan dans une baignoire. Evidemment, on n’atteint pas le niveau technique de Mind Game. Logique. Mais étonnamment on s’en rapproche presque! Certaines scènes sont extrêmements bien animées, tandis que la maîtrise esthétique se ressent sur la plupart des plans. Ils aiment les diagonales dynamiques et la démesure, ces petits filous. Bref on se surprend parfois à dire “ah oui quand même!”. De plus un soin assez remarquable a été apporté aux couleurs (plein de cheveux verts), à l’équilibre des plans, à la variation des textures ou autres aquarelles, etc. C’est à la fois kitsch, fragile, trash, un peu expressioniste, un peu pop, et très Japonais aussi. Dès le premier épisode, les règles sont établies : Kemonozume sera une série sans concessions aux multiples expérimentations visuelles, quitte à dérouter ou rendre le public dubitatif quant à la cohérence graphique.
Pour tout dire, et au même titre que dans Mind Game l’univers développé ici se rapproche fort des planches d’un Taiyou Matsumoto (Amer Béton, GoGo Monster, etc.). Du caricatural, de l’absurde, des symboles. De la poésie, aussi. Le second épisode contient à ce titre une scène remarquable où les deux amants, sur le toit d’un immeuble, se laissent aller la tête en arrière pendus par les pieds. Et s’embrassent fougueusement à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Juste avant, Yuuka disait à Toshihiko : “je serais heureuse que ce soit toi qui me tue”.
Bref le réalisateur (son nom?) a su s’y prendre pour diriger son équipe avec talent. Un certain nombre de réalisateurs invités ont également pu apporter leur pierre à l’édifice, tel qu’Osamu Kobayashi (Paradise Kiss, Kimagure Orange Road…). Notons par ailleurs que quasiment chaque avant-générique contient un (très) court-métrage montrant l’impact des shôkujin dans la société, l’occasion d’expérimenter et d’explorer encore plus d’univers graphiques. Je trouve le #8 et son traitement “écorché” assez excellent, par exemple. Tiens, puisque j’évoquais le générique, celui-ci donne très bien le ton avec son avalanche de couleurs criardes, son découpage psychédélico-bestial, sa musique jazzy et son traitement vintage. En règle générale, les musiques s’apparentent d’ailleurs au jazzy/buesy. De quoi accompagner le visuel avec classe tout en conservant une certaine discrétion.
Inclassable donc, ce Kemonozume? Disons que c’est une romance cruelle et horrifique sur fond de SF et de psychédélisme. “Entre tradition et modernité” (air japonais connu). Comment, plus de louanges? OK : c’est pointu, drôle, original, poétique, bourré d’action. En fait j’ai du mal à y trouver des défauts si ce n’est certains passages à vide, une fin qui arrive un peu vite ainsi qu’une réalisation parfois en baisse. Malgré tout le respect que méritent les concepteurs pour leurs prises de risque, il faut en effet savoir différencier animation expérimentale et animation cheap en 3 étapes/seconde (Mind Game n’avait pas ce problème, il s’agit donc bien d’une contrainte due au format TV).
Conclusion : Kemonozume est, au même titre qu’un Melancholy of Haruhi Suzumiya (fanboy spotted), une série à forte personnalité et sans doute l’un des incontournables de 2006. Evidemment son côté très extrême et marginal fera que certaines personnes seront dégoûtées par, au choix, le côté difficile d’accès ou la violence graphique, mais il serait judicieux de tenter d’expérience, juste au cas où…
Ah au fait, c’est quoi déjà le nom du réalisateur?
Bon comme je sais que vous avez retenu, voici un bonus :